24-06-2014

COPIE D’ARTICLE AVEC SOURCE INDIQUEE: ANALYSE DU PROJET DE LOI D’AVENIR POUR L’AGRICULTURE, L’ALIMENTATION ET LA FORET

Nous ne voulons pas de la performance économique pour unique avenir !

Dans le cadre de notre travail sur la transmission par la Terre et l’écologie, notre attention a été attirée par le projet de loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, qui repassera bientôt  en seconde lecture à l’Assemblée nationale.

Des points positifs   

Encadrement et transparence

Le texte de loi comporte certains points très positifs : il est notamment question d’encadrer l’utilisation de produits phytosanitaires, et de rendre publiques les conventions entre les entreprises qui fabriquent ou commercialisent les médicaments vétérinaires et les professionnels du monde agricole, y compris les écoles ou les titres de presse.Malheureusement, ce ne sont pas quelques informations isolées – quand bien même elles seraient lues, qui régleront les problèmes sanitaires liés à l’usage de ces produits.

 

Facilitation de l’accès au foncier

En ce qui concerne la transmission des exploitations agricoles, cette loi voudrait  faciliter l’accès au foncier pour les jeunes qui désirent se lancer dans l’agriculture. Néanmoins le dispositif administratif est un tel casse-tête, entre le Conseil national de l’alimentation, le Conseil économique, social et environnemental régional, la Commission départementale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, le Code général des collectivités territoriales, le Code rural et de la pêche maritime, les nombreuses directives européennes… qu’au lieu de légiférer sur la question, une simplification franche et massive de tous ces règlements encouragerait certainement plus de jeunes à se lancer dans ce métier primordial !

Nulle allusion dans ce projet de loi d’avenir sur l’agriculture au mal-être des agriculteurs. Pourtant, un se suicide tous les deux jours. Et ce n’est pas une nouvelle subvention financière, subordonnée à des mesures drastiques qui encadrent les moindres faits et gestes du paysan, le transformant en exploitant agricole, qui viendra régler ce profond malaise. Il faudrait un livre entier pour évoquer correctement le sujet ; néanmoins quelques sources d’informations sont disponibles , , ou encore .

Des contradictions internes

Une perspective de rendement

Ce qui frappe d’emblée dans ce texte, c’est l’omniprésence de la notion de performance ! Comme si l’augmentation incessante de la productivité était la seule façon d’améliorer notre agriculture. Outre cette affirmation péremptoire, le texte comporte des contradictions notoires : comment prétendre privilégier l’agroécologie et les circuits courts, tout en fixant comme objectif de « renforcer la capacité exportatrice de la France » ?

L’agroécologie, un mot prétexte

Nos députés ont-ils seulement lu la définition de l’agroécologie ? Selon le mouvement de Pierre Rabhi, Le Colibri, l’agroécologie est une pratique agricole qui « va plus loin que l’agriculture biologique. En plus de techniques comme le compostage, la recherche de complémentarité entre les espèces, la culture sur buttes…, elle va chercher à intégrer dans sa pratique l’ensemble des paramètres de gestion écologique de l’espace cultivé, comme l’économie et la meilleure utilisation de l’eau, la lutte contre l’érosion, les haies, le reboisement… », une pratique qui n’est donc pas compatible avec l’exportation massive des ressources alimentaires produites en France. L’agroécologie privilégie la qualité de la terre, des produits et des conditions de travail des paysans, plutôt que la rentabilité de notre balance économique.

Elle privilégie également la diversité au sein de cultures adaptées à leur terre, dans les pays où les populations souffrent de la faim aussi bien que sur le sol français. Or le projet de loi se propose de « lutter contre la faim dans le monde ». Une fois de plus, nos députés devraient se renseigner sur les techniques agricoles de Pierre Rabhi : il enseigne aux pays africains comment, par exemple, cultiver dans le désert pour pouvoir enfin vivre de leur terre. A l’évidence, la France tirerait un moindre profit de cette démarche « humaniste », selon les  termes de Pierre Rabhi, alors que l’exportation de produits français représente un bénéfice économique considérable. Sous prétexte « de lutter contre la faim dans le monde » notre gouvernement se contente en réalité «  d’équilibrer sa balance commerciale ». Le mot d’agroécologie n’est dans ce texte qu’un écran de fumée, un mot prétexte à une loi fourre-tout.

L’énergie verte

Le projet de loi veut également soutenir l’agriculture en privilégiant « le développement des filières des énergies renouvelables, des produits biosourcés et de la chimie végétale », ce qui n’est pas très agroécologique non plus. Cela revient en effet à favoriser le développement des carburants dits « verts », car d’origine végétale, mais au détriment des cultures vivrières.

Ne serait-il pas plus cohérent d’investir dans une réelle recherche énergétique, ou encore d’avoir le courage – et la radicalité – de repenser notre société de consommation ?

Des interrogations

OGM ou biodynamisme ?

Quid de l’article visant à « proposer des actions relevant de l’agroécologie permettant d’améliorer la performance économique et la performance environnementale de ces exploitations, notamment en favorisant l’innovation et l’expérimentation agricole ? ». Le lecteur est en droit de se demander ce que recouvre ce terme d’ « expérimentation agricole », s’il sous-tend une science respectueuse de la Nature, ou désigne les dérives technicistes de ceux qui voudraient la manipuler. Le texte se propose-t-il d’aider au développement des méthodes biodynamiques ? Ou à celui des OGM ?

Les semences

En ce qui concerne le volet des semences, un énigmatique article (art. 325-1-1.) affirme que « les échanges, entre agriculteurs, de semences ou de plants n’appartenant pas à une variété protégée par un certificat d’obtention végétale et produits sur une exploitation hors de tout contrat de multiplication de semences ou de plants destinés à être commercialisés » relève de l’entraide… Cela signifie-t-il que certaines semences non inscrites au catalogue officiel pourront s’échanger ? Donc être cultivées ? Cela serait une révolution extrêmement profitable ! Elle entre pourtant en contradiction avec la pénalisation de l’utilisation de semence non inscrite au catalogue officiel : que dira l’union européenne ?

Si certains points de cette loi sont positifs, elle reste orientée dans son ensemble vers la productivité et la croissance financière à tout prix, derrière le masque d’une « agroécologie » qui ne dupe personne. Les mesures qui en émaneront reprendront donc certainement cette mentalité au lieu de s’inspirer de Pierre Rabhi, ce qui est fort regrettable. L’appauvrissement de nos sols, le sacrifice de la diversité de nos semences et de nos paysans sont-ils vraiment un prix que nous sommes prêts à payer en échange de quelques points de croissance, qui ne créeront pas plus d’emplois pour autant, et laisseront un monde dévasté à nos enfants ?

Publié par ecoloreac dans Non classé | RSS 2.0

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