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Saint-Jean-de-Luz : l’antidote à la crise des Bioluz

Le Point.fr – Publié le22/05/2013 à 19:36- Modifié le23/05/2013 à 09:35

Ce laboratoire pharmaceutique, qui était en redressement judiciaire, renaît sous forme de coopérative. Une leçon d’espoir.

Pierre Combroux, l'ancien directeur général, est devenu P-DG de Bioluz.Pierre Combroux, l’ancien directeur général, est devenu P-DG de Bioluz. © DR

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Aide-toi et le ciel t’aidera… Les salariés de Bioluz ont fait leur cette maxime évangélique. Il y a un an, ce laboratoire pharmaceutique de Saint-Jean-de-Luz (Pyrénées-Atlantiques), spécialisé dans la fabrication de poches en plastique souple pour les perfusions médicales, était en dépôt de bilan. Le tribunal de commerce accordait seulement un sursis à la cinquantaine de salariés, parce que l’entreprise disposait encore de fonds en caisse. Mais il n’y avait aucune perspective… Le propriétaire, un ancien fournisseur local qui avait repris l’affaire en 2007, avait décidé de jeter l’éponge. Un entrepreneur tunisien était prêt à investir, jusqu’à ce que – patatras – le Printemps arabe l’en empêche. L’avenir des Bioluz ? La délocalisation, voire, pis, une sous-traitance en Europe de l’Est, ce qui aurait réduit les effectifs à la portion congrue.

C’est alors que l’idée a germé. « Nous recherchions des partenaires depuis un an, tous avaient décliné, raconte Pierre Combroux, l’ancien directeur général devenu P-DG de Bioluz. Notre principale faiblesse : notre outil de production. Il est coûteux. Mais en même temps, c’est lui qui génère les emplois. Pour en maintenir le fonctionnement, il fallait que les actionnaires acceptent une baisse de leurs revenus. Et il n’y avait donc plus qu’une solution : que les actionnaires soient les salariés eux-mêmes. »

Première

Et c’est ainsi que les salariés de Bioluz ont proposé de reprendre leur entreprise sous forme de société coopérative de production (Scop) avec un « business-plan » sur trois ans. Un plan que le tribunal de commerce de Bayonne a accepté fin avril. C’est la première fois en France qu’un laboratoire pharmaceutique est géré sous cette forme juridique.

35 des 49 salariés ont accepté de financer le capital de départ de 100 000 euros, et chacun s’est engagé à verser cinq mois de salaire pour développer l’entreprise. « Une Scop fonctionne sur la confiance, souligne Pierre Combroux. Nous sommes sur un marché de niche, nous avons des résultats. Mais, surtout, l’encadrement et la maîtrise, soit sept personnes, sont restés solidaires. C’est notre force. » Et la clé de la réussite de l’opération. « Comme il n’y a pas ici de tissu industriel favorisant un reclassement, personne n’a quitté le navire », précise le P-DG de Bioluz.

Investissements

Autre atout : des renforts de poids. De la part de partenaires financiers – la banque Pouyanne, les fonds d’investissement Scopinvest et Socoden, la société basque de capital-risque Herrikoa. Mais aussi de collectivités locales : le conseil régional a donné des subventions et le conseil général s’est porté caution pour les prêts bancaires. Grâce à ces soutiens, l’entreprise envisage d’investir 1,4 million d’euros dans les trois prochaines années.

Les vents ont-ils enfin tourné ? Le laboratoire vient en tout cas de signer un contrat important avec une filiale de Sanofi, leader dans le domaine de la santé animale – un accord qui porte sur 200 000 euros, soit 5 % du chiffre d’affaires de Bioluz, et qui devrait grimper à 20 % bientôt. Le laboratoire aborde ainsi l’avenir avec sérénité – au moins jusqu’en 2016. Dans un pays en récession, les Basques de Bioluz sont porteurs d’espoir.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/jerome-cordelier/saint-jean-de-luz-l-antidote-a-la-crise-des-bioluz-22-05-2013-1671190_244.php

 

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