FRANCOIS LENGLET POINTE DU DOIGT UNE CLASSE D’AGE PARASITAIRE, CELLE DU BABY-BOOM, QUI IMPOSE UNE POLITIQUE D’APPAUVRISSEMENT

Les livres de la rentrée

LE MONDE ECONOMIE |22.10.2012 à 10h19• Mis à jour le23.10.2012 à 09h04Par Jean-Baptiste Jacquin, Antoine Reverchon et Adrien de Tricornot

 
 

L’actualité économique est suffisamment sombre pour inspirer nombre d’essayistes, au-delà des académiques « purs et durs ». Au menu également, les ouvrages de nos chroniqueurs.

« QUI VA PAYER LA CRIS€ ? », DE FRANÇOIS LENGLET, FAYARD, 216 PAGES, 11,90 EUROS.

Il faut avoir le coeur bien accroché. Car on prend des baffes à toutes les pages… Si la crise de l’euro en est à ce point de gravité, c’est bien de notre faute. François Lenglet, rédacteur en chef à France 2, n’y va pas de main morte. Avec son sens de la formule, ses images chocs et son écriture légère, cette charge contre les erreurs commises dans la gestion de la crise mais aussi dès l’origine de la création de la monnaie unique est un plaisir de lecture.

Qui va payer la crise ?, de François Lenglet. Fayard, 216 pages, 11,90 euros.

Pour lui, l’euro était, par construction, une machine à creuser les écarts entre les pays membres soudain privés de l’outil monétaire traditionnel, la « dévaluation compétitive ». La machine est devenue diabolique avec le gonflement des dettes publiques. Ces dettes censées faire croire que personne ne payait la facture des politiques de redistribution, à l’intérieur des pays (de l’ouest vers l’est en Allemagne, ou du nord au sud en Italie), ou entre pays (du Nord vers le Sud).

Pour François Lenglet, libéral peu orthodoxe, tout a été fait dans la gestion de la crise de l’euro pour sauver la finance au détriment du contribuable. Des deux voies pour sortir de la crise la Grèce, l’Irlande, l’Espagne ou l’Italie, tous ont choisi celle de la rigueur budgétaire, qui fait supporter au contribuable le sacrifice afin de mieux protéger la finance, le créancier, le rentier !

Un choix d’autant plus cruel qu’il résulte d’une guerre de générations. Ces baby-boomers, qui ont fait 1968, prônaient l’inflation lorsqu’ils n’avaient pas d’épargne, sont devenus chantres du libéralisme économique et, aujourd’hui, défendent bec et ongles leur capital en tenant en joue l’inflation comme le plus grave des dangers. Pas de chance pour la France, et sa démographie dynamique, elle est en position de faiblesse face à « Vieuxland », l’Allemagne.

François Lenglet nous alerte aussi sur la perversité d’une gestion de crise qui a accrédité l’idée selon laquelle le temps politique était un handicap face aux marchés, bref, que la démocratie gênait l’économie.

Face à un réquisitoire aussi sévère, on attend le moment où l’auteur enterrera l’euro et répartira les meubles. Eh bien non ! Le lecteur découvrira page 205, que la monnaie unique a des avantages, « qui sont au moins trois » : le développement des échanges commerciaux, la solidarité financière, l’influence dans le monde. En dehors de la Grèce qui doit le quitter au plus vite, le navire euro mérite d’être sauvé. Pas avec des eurobonds si chers à l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy puis à François Hollande, mais en suspendant pendant trois ans le remboursement de la dette et le paiement des intérêts. Une trêve qui laisserait le loisir de s’attaquer plus sereinement aux réformes structurelles qui s’imposent. On y revient.

« LE DÉNI FRANÇAIS », DE SOPHIE PEDDER, JC LATTÈS, 187 PAGES, 14,80 EUROS

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