ISABELLE SAPORTA: UNE AGRICULTURE DE QUALITE

Pourquoi cette enquête sur l’agriculture française?
Je sillonne les campagnes depuis dix ans pour Jean-Pierre Coffe. Je veux démontrer l’absurdité de l’agriculture productiviste. Son coût est prohibitif. Elle ne respecte ni les paysans, ni l’environnement, ni notre santé. C’est une gabegie.

Algues vertes, pollution des nappes phréatiques… Tout cela est connu.
Oui, sauf que rien n’avance. Comme beaucoup, je croyais aux promesses du Grenelle de l’environnement. Mais lisez la dernière loi de Finances: les aides dédiées au bio ont diminué de moitié.

Pourtant, le bio est en plein essor. Tout comme les filières de qualité, les AOC. Et les farines animales sont interdites.
Tout cela est marginal par rapport à l’agriculture productiviste: 10 millions de tonnes de lisier polluent l’environnement chaque année, mais on continue à faire les mauvais choix. C’est un manque de bon sens.

Selon vous, les paysans sont victimes de ce système. Ils y perdent leur revenu, leur santé et parfois leur vie en se suicidant. Qui sont les fautifs?
D’abord les coopératives. Les agriculteurs ont créé ces organismes devenus d’énormes machines qui tournent pour elles-mêmes. Malgré leur droit de vote, les adhérents ne peuvent agir. Ils sont liés financièrement à la coop. Les éleveurs sont aussi victimes des politiques publiques à la fois nationale et européenne. Expliquez-moi pourquoi, avec le budget de 57 milliards d’euros de la PAC, les paysans vivent si mal.

Quelles sont les solutions?
Des élevages de porcs en plein air, avec moins d’animaux et plus d’hommes pour s’en occuper. Il faut créer une filière de qualité française. Ce serait un grand chambardement, je le reconnais. Mais pour réussir, il faut une vraie volonté politique.

Mais ces porcs coûteront plus cher à élever. Les Français accepteront-ils de payer le jambon plus cher pour sauver les éleveurs bretons?
Le comportement du consommateur est ambigu. Il veut défendre l’environnement mais choisit les premiers prix. Chacun doit comprendre que lorsqu’on regarde l’étiquette la plus basse, on règle trois autres factures pour aider le paysan en faillite, dépolluer l’environnement et se soigner car on aura avalé des pesticides. Les prix bas sont illusoires.

12 Réponses à “ISABELLE SAPORTA: UNE AGRICULTURE DE QUALITE”

  1. philippe dit :

    Merci Isabelle.
    J’ai vraiment beaucoup aimé votre face à face avec cet arrogant et réactionnaire Zemmour. Vous êtes convaincante, connaissez très bien votre sujet et j’apprécie vôtre sincèrité (cela ce ressent et ce n’est pas si fréquent en TV). Bref, tout me plait: ce que vous dites, votre spontanéité et votre délicieux sourire. Surtout surtout, gardez bien cette grâce… J’ai été séduit . Woaw !

  2. THIREAU dit :

    N’ayant pas vu à la première diffusion ( on est pas coucher) j’ai pu vous écouter et je suis aller sur internet pour approfondir vos propos et je ne peux etre quand accord avec vous car j’ai dénonce toutes ces dérives de production entre le productivisme et le soit disant BIO aujourdhui.
    Je suis un ancien syndicaliste Président départemental membre du bureau national d’un syndicat aujourdhui disparu (fédération française d’agriculture) syndicat qui a été le premier à défendre l’agriculture raisonnee.
    J’ai 60 ans mon épouse 59 ans: exploitant 42ha en allaitant, « sans ensillage » systhème herbe foin etc une exploitation dite familliale génératrice d’emploi et surtout respectueuse de l’environnement.
    Aucuns pesticide simplement un herbiçde base sur les 8ha de céréale (orge, blé triticale, avoine) .
    Le principe et le rotation des cultures.
    Au niveau des animaux héméopathie en priorité. Bovins de race maine anjou à 80% le reste charolais.
    Si vous voulez d’avantage d’informations vous pouvez me contacter.
    Merçi de me lire.

  3. jean dit :

    Bonjour Isabelle,
    Bravo pour ce livre qui fait enfin la vérité sur cette profession et ces quelques uns qui tirent les ficelles;
    je suis moi même vigneron dans le Languedoc ou j’ai 20 ha de vignes. je serai ravi qu’on puisse échanger sur tous ces organismes qui gravitent autour du vin, sur l’affectation des subventions européennes…..et hélas dont une grande partie est détournée à l’avantage de ces grands crus voyou…..mais ils vont le payer. Votre livre + le marché vont les sanctionner.
    Encore bravo

  4. Frédéric dit :

    Bonjour Isabelle,

    Je viens tout juste d’ouvrir Télérama et de lire les articles sur votre reportage diffusé ce soir sur FR3.
    Sans l’avoir vu (ni pour le moment avoir lu votre livre), mais simplement à la lecture des commentaires, je vous encourage dans vos actions
    Soyez d’ors et déjà assurée de mon soutien.

    Frédéric

  5. Mesplède Jean-François dit :

    Bravo pour ce superbe document dont on peut penser qu’il n’a pas plu à tout le monde. Mais voilà un beau courage accusateur. C’est bien que les choses soient dites.
    Sincères félicitations !

  6. Colin MARSDEN dit :

    Bonjour,
    Je viens de voir votre émission « Vino Business » sur France 3. Vous avez souvent parlé de « produits chimiques », en laissant supposer, par exemple, que ceux qui pratiquent la biodynamie n’utilisent pas de produits chimiques. Quelle bêtise!
    Vous devriez savoir que l’eau est un produit chimique, l’alcool aussi – il n’y a pas de produit tangible qui ne soit pas chimique.
    Ce que vous auriez dû dire est « produit chimique de synthèse », où si vous préférez « produit chimique artificielle ».
    Mais il ne faut pas imaginer que parce que tel ou tel produit est naturel il est forcément sans effet nocif pour l’homme – pensez à tous les poisons qu’utilisent les serpents, par exemple.
    Quand je vous entend qui fait de telles erreurs élémentaires, dans un domaine que je maîtrise (ancien professeur d’université), je ne peux pas avoir beaucoup de confiance dans vos autres propos dans des domaines que je ne connais pas intimement.
    Cordialement,
    Colin Marsden

  7. BRUNIE dit :

    Bonjour, vous tes une personne rare ! brillante et qui plus est charmante !! venez nous voir en terres cognaçaises!

  8. Olivier PERRIN dit :

    je partage vos opinions et la nécessite de défendre l’agriculture de la bonne bouffe et les producteurs. J’ai lance une pétition en accord avec les coordinations rurales mais elle a du mal a décoller….merci de la relayer auprès de vos contacts surement plus nombreux et impliqués que les miens…
    Amitiés

    https://secure.avaaz.org/fr/petition/olivierperrin_soutenir_les_eleveurs_et_producteurs_de_lait/?preview=live

  9. Jean-Michel PEUCH dit :

    Bonjour madame Saporta,

    Je suis dirigeant de deux sociétés de grossistes spécialisées dans la distribution de fromages au lait cru de fabrication artisanale ou fermière (sociétés SAFF et Bruel). Nous sommes engagés et nous souhaitons encore davantage nous impliquer avec nos producteurs dans une démarche filière pour aider nos interlocuteurs à sortir de leur « splendide isolement » . Les réflexions et les démarches de votre livre « Foutez nous la paix » sont le terreau de notre quotidien ; je souhaiterais vous rencontrer ou au moins avoir une discussion avec vous dans les prochains jours si cela vous est possible ; je vous laisse mes coordonnées téléphoniques, Jm Peuch 06 28 48 54 58 ; j’ai une réelle vision filière -peut être un peu utopique – mais la vie d’entrepreneur doit forcément comporter une part de rêve, n’est ce pas ?

  10. COLAUTTI dit :

    Bravo pour vos enquêtes sur l’agriculture. Vous pourriez aller plus loin dans votre engagement. Les maraîchers de petites et moyennes exploitations qui cultivent plein champ des légumes de qualité , même en circuit court connaissent aujourd’hui des difficultés. Ils n’ont aucune aide et aucun soutient des syndicats agricoles..Plus d’infos, contactez moi par mail ou au 06.03.79.49.30 Mon expérience due à mon âge et à ma passion peuvent vous apporter un plus; Encore bravo et merci pour ce que vous faites.

  11. Theryca dit :

    Madame,

    Si vous voulez avoir un aperçu de la vie des femmes en milieu agricole, vous pouvez lire mon blog, qui est en fait un mémoire écrit pour la Justice Française. Son titre à copier coller dans votre navigateur : Communes HORS LA LOI : le cas de Saint Lumine de Clisson Bonne lecture !

  12. ROTH le GENTIL Maurice dit :

    Bonjour Mme SAPORTA,
    Je vous remercie pour ce que vous avez écrit et j’apprécie beaucoup ce que vous faites.
    Cependant une chose me dérange, les Politiques sabordent les Métiers de la Terre depuis + de 40ans, mais les Banques comme le Crédit Agricole sont pour beaucoup dans l’anéantissement de l’Agriculture et des Métiers de la Terre, de l’élevage et de la viticulture, du dépeçage de notre magnifique territoire, pourquoi ne pas le dire de façon aussi Tranchée ?
    Mon Père était Agriculteur et il m’a supplié de ne jamais faire m’engager dans un métier de la Terre, je voulais m’occuper de Forêts de Montagne et de Zones Humides, rivières, etc. et j’y ai renoncé, même s’il avait raison c’est une Erreur, il faut toujours faire pourquoi l’on est fait !!
    Pourquoi croit-on que la réussite de l’Agriculture passe par les Fermes importantes, n’est-ce pas là une erreur qui nous coûtera notre Agriculture, notre élevage, etc. ? Ceci dit, je pense que l’on ne parle pas assez des Zones Humides et de leur écosystèmes, des Tourbières, des cours d’eau, des Fleuves petits et grands de l’importance que l’eau a vraiment pour nous tous, chaque jour ?
    Pourquoi ne parle t’on des actions comme celle de http://www.plagespropres.ch et http://www.ecobs.ch ces actions sont Suisse mais pour moi elles ont en sens, allez les voir même de part, ce qu’elles font est très bien.
    Bonne continuation et bon courage pour la suite.
    Bien Courtoisement.

    Maurice Roth le Gentil

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