LA « TVA SOCIALE » DEVRAIT PLAIRE AUX ECOLOGISTES CAR C’EST UN MOYEN DE LIMITER UNE CONSOMMATION DE MASSE ENTRETENUE PAR LE SURENDETTEMENT PUBLIC ET PRIVE

 

Sarkozy relance la TVA sociale… sans dire son nom

Le Point.fr – Publié le 15/11/2011 à 21:02 – Modifié le 15/11/2011 à 21:17

Le chef de l’État a livré un véritable plaidoyer en faveur de la réforme du système de protection sociale français. « L’adapter, c’est le sauver », dit-il.

LA Nicolas Sarkozy a prononcé un discours à Bordeaux en faveur de « l’adaptation » du système de protection sociale français. © Pierre Andrieu / AFP

 


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« Notre modèle social n’est pas intangible. » Dans la bouche d’un futur candidat à la présidentielle, dont le programme est en cours d’élaboration, un tel euphémisme est lourd de sens. Au départ, Nicolas Sarkozy était venu s’exprimer sur le thème de la lutte contre la fraude sociale, mardi, à Bordeaux. Mais si les « profiteurs du bas » – selon l’expression désormais couramment employée à l’UMP – en ont en effet pris pour leur grade, c’est avant tout un vibrant plaidoyer en faveur de la réforme du système de protection sociale français que le chef de l’État a prononcé, devant 3 000 personnes. Un discours qui lui a offert l’occasion de relancer le débat sur la TVA sociale, à quelques mois de l’échéance présidentielle.

Le sujet est extrêmement sensible, y compris au sein de la majorité. Alors, le président de la République a pris soin de ne pas prononcer son nom – cela avait coûté suffisamment cher à Jean-Louis Borloo en 2007. Un conseiller de l’UMP confie à ce sujet : « Il faut sortir de la sémantique de la TVA sociale, ce n’est pas le problème. » Après être réapparue sous le nom de « TVA anti-délocalisation » dans la bouche de Jean-François Copé, la fameuse TVA sociale pourrait donc encore écoper d’un nouveau sobriquet. À entendre le discours de Nicolas Sarkozy, on peut songer à une expression qui évoquerait l’idée de « protection ».

Pincettes

Prudent, le chef de l’État ne s’y est pas encore risqué, se contentant d’annoncer la création d’un « Haut Conseil au financement de la protection sociale », chargé de faire des « propositions » en vue de la présidentielle, et en association avec les « partenaires sociaux ». L’objectif : savoir si « le financement de la protection sociale doit reposer autant sur les salaires, alors que nos partenaires européens et mondiaux font un choix différent et que nos salariés sont de plus en plus mis en concurrence »… tout en apportant « sérénité, sérieux et objectivité au débat ». C’est dire si l’on prend des pincettes.

Pour preuve encore, l’insistance du chef de l’État à se présenter comme le « garant » du système de protection sociale français. Le thème est d’ailleurs plus présidentiel, assurément, que la question de la fraude sociale. Mais il est aussi très clivant. « Sur la question de l’assistanat, au sens large, la gauche c’est circulez, y’a rien à voir. Avec ces thèmes, Sarkozy bouscule une gauche angélique et archaïque », croit savoir un conseiller de l’UMP.

« Trahison« 

Autant dire que toute réaction offusquée côté PS est la bienvenue. D’ailleurs, le candidat pas encore déclaré avait pris ses précautions… Se posant en héritier du général de Gaulle et de l’esprit du Conseil national de la Résistance, vantant, durant de longues minutes, tous les bienfaits d’un système fondé sur la solidarité – « notre système de santé est l’un des meilleurs au monde », a-t-il notamment déclaré -, il a pris soin de couper l’herbe sous le pied à ses futurs détracteurs en dénonçant par avance leur « immobilisme » : « Ceux qui ont trahi l’héritage du CNR, ce sont ceux qui, depuis des décennies, ont refusé toute réforme par lâcheté politique ou par opportunisme », a-t-il lancé.
Outre les attaques politiciennes, le discours du chef de l’État, naturellement construit autour de la dialectique UMP-iste des « droits et des devoirs », aurait pu se résumer à cette phrase-clé : « Réformer notre modèle social, l’adapter, c’est le sauver. » Ainsi a-t-il asséné quelques chiffres évocateurs – « un tiers de notre PIB est dévolu à la protection sociale » -, avant de se poser en capitaine réformateur : « Pouvons-nous regarder notre système de protection sociale, de solidarité, comme si rien ne s’était passé entre 45 et 2011 ? » s’est-il interrogé. Question rhétorique, bien sûr, à l’adresse de ses futurs adversaires. Car, pour le chef de l’État, réformer un « système de protection sociale financée à coups de déficit, de dette » est une question de « responsabilité ».
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