REFLEXIONS DU COMTE DE PARIS SUR L’AGRICULTURE

En 1948, lycéen à Bordeaux, avec quelques amis nous allions, durant les petites vacances d’automne ou de printemps, prêter nos bras dans les fermes d’Aquitaine. Je me souviens de ce qu’un vieil agriculteur, poète me disait: « voici venir l’heure d’ouvrir la terre pour la féconder, l’équinoxe d’automne est propice pour une telle opération. Aide moi à attacher les boeufs au joug de la charrue et traçons ensemble les sillons du champ. Sois attentif au rythme de ton  attelage afin qu’il ne tire pas à hue et à dia, maintiens le droit. Gardes la pression sur le soc pour qu’il arrache les mauvaises  racines de surface et ne blesse pas les ancêtres endormis qui feront  germer le grain. Laisse passer la première pluie, c’est elle qui  nettoie et purifie. Enfin je sèmerai ces grains. Retournés au sol ces  plus beaux fruits de la terre sont promesse d’épis d’or que je  récolterais avant  le solstice d’été ». Et ce vieil homme  d’ajouter: « N’oublie pas les paroles du poète Eschyle : la terre qui  seule enfante tous les êtres et les nourrit, en reçoit à nouveau le  germe fécond ». L’art le plus précieux et le plus ancien qui nous a été transmis est  la culture de la terre, mais si l’on veut espérer franchir le passage du temps présent, il nous faudra être habités par l’amour de cette terre de France, l’amour du travail bien fait. C’est un don qui doit  être partagé et cela redonne du sens et de la valeur aux missionés de la terre et à ceux de la mer, nos agriculteurs.

Depuis des lustres on sait que la France est une terre riche et diverse, l’eau y abonde si on ne la pille pas ou bien si on ne la souille pas. Certes aménager, pour tenir compte des contraintes de  nos temps dits modernes, s’avère nécessaire. Mais en politique  agricole, qui mieux que les agriculteurs peuvent l’envisager et la  mener à bien. Laissons donc les écolo-politiques se préoccuper des  problèmes de sexe et demandons surtout l’avis des agriculteurs qui  connaissent les saisons, les vents et le climat pour aménager les  jardins de la France. Car la diversité est source de richesse, source  de liberté et source de vie.

A vouloir rejouer le scénario du pouvoir de la Terreur en mode moderne, on risque de déstructurer une ruralité nécessaire, de détruire notre terre et de pousser l’agriculteur au suicide. Car il a  été exigé qu’il se mette à  la page. On le pousse au rendement et  toujours plus vite. Le robot dans le tracteur pour lui donner des directives. Bien sûr il faut faire tourner l’industrie de la machine  outil. Alors l’agriculteur emprunte, il s’endette puis il hypothèque car les cours s’effondrent. Qu’à cela ne tienne, la panacée, le Crédit Agricole rachète le tout… C’est ainsi que la banque détient  75% des terres agricoles de France et cerise sur le gâteau la Chine  prend une large participation au capital de cette banque et participe  au dépeçage de notre pays. J’oubliais de dire qu’entre temps, une  sorte d’esclavage ou de servage si vous préférez est revenu au goût  du jour par ce processus, puisque l’agriculteur trime sans profit sur  sa propre terre qui ne lui appartient plus dans le seul but de  rembourser des machines outil déjà démodées. On nous rétorque qu’existent diverses subventions pour réparer les  effets des tempêtes, des inondations ou de la sécheresse et de plus  la P.A.C., mot magique, vient au secours de l’agriculture française. Certes les grands céréaliers, les éleveurs aux grandes capacités reçoivent la manne .

Je me souviens de ce vieux couple qui maintenait, vaille que vaille, sa ferme de soixante hectares sur les coteaux de la Loire, petit élevage et potager,pas de quoi gagner le gros lot, mais à force de  courage, de ténacité et d’un dur labeur ils survivaient. Ils ne se plaignaient pas. ILs constataient, par exemple qu’il y avait le discours politique et de l’autre côté la réalité du terrain qui les excluait des subventions de l’impôt sécheresse, pourtant cette dernière les avait durement touchés. La Princesse et moi nous nous souvenons encore du chagrin pudique et discret de ce couple ne  pouvant transmettre cet héritage à deux de leurs enfants. Une terre  qui partirait à la D.R.A.C.. et serait revendue à un céréalier du  maïs transgénique, qui aspirerait l’eau de la Loire, qui répandrait  des produits chimiques, tuant les abeilles et bientôt plus de polinisation, et à la longue une terre redevenue cendre. Avant que l’action irréfléchie ou clientéliste du politique ne parvienne à tout détruire, il serait temps de prendre conscience qu’existent ces agriculteurs qui depuis des générations sont en communion avec la nature, ont façonné les paysages de France, de  cette France qu’ils aiment, car elle fait partie de leur coeur, de  leur âme et on ne peut rien créer de beau sans amour.

J’aimerai exprimer ce que je ressens: un acharnement se fait jour pour des-enseigner nos racines, d’où nous venons, pour que nous ne sachions plus, non plus, ce qu’il en est de la boussole qui devrait  nous guider. Quel pourra être l’héritage que tout être normal souhaiterait léguer à ses enfants?

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